Voici le récits d'un ami, volcanologue, qui exprime, à travers ce texte, la sensation qu'il éprouve sur un volcan en éruption:
LA HAUT….
Eruption…
J’ai regardé là haut, vers ce dôme de colère, plein de bruit et de fureur et mon cœur s’est mis à trembler. Tu grondais, tu crachais, tu sifflais, tu menaçais et ta colère était belle ; c’était comme une ivresse, une lame de lave acérée, une larme de basalte, une mèche de Pelée, le sang du monde qui éructe de rage son trop plein de vie. Ce déchaînement de passion et de violence, je le comprenais et le faisais mien, je t’aimais dans tes excès et dans ta guerre. Tu éclairais la nuit d’un voile flamboyant, comme un revers de sabre ensanglanté, tu expulsais tes bombes comme des enfants moribonds expulsent des confettis au carnaval des fous… Ton corps se tordait de douleur, ta poitrine enflait et ton haleine se répandait comme le hurlement du vent, c’est une puanteur de soufre qui t’envahissait et écrasait ta respiration, tes cendres glissaient dans mon cou comme la caresse bleutée de la mort… Je retenais mon âme comme on retient son souffle… Dans le silence du petit matin, au bout de l’abîme il n’y a plus rien qu’un intense moment de bonheur, d’une éblouissante beauté, les yeux plein de lumière et le corps meurtrit… La faim, la soif, la fatigue, qu’importe… La vie est là et elle t’offre ce qu’elle a de plus grand, hymne à l’amour sous un déluge de feu… Et de pierres…
Comment décrire ces espaces de vide et ces moments d’éternité qui s’emparent de votre esprit et de votre corps, l’espace d’une éruption ; un seul nom me vient à l’esprit : Volcans , ils sont les miroirs de l’âme, de nos folies, de nos peurs et de nos passions… Une l égende Naga dit qu’un jour les dieux créèrent les volcans pour que les hommes n’oublient jamais que la vie est en eux , explosive, belle, et insoumise…
Les gravir c’est ce rapprocher des dieux…
Les aimer c’est ce rapprocher des hommes…
Alain
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